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Fumée des feux de forêt : ce que montre un modèle

Par · rédaction de weather-canada.com · Publié le · 4 min de lecture

La fumée des feux de forêt est difficile à décrire honnêtement, parce que la preuve la plus spectaculaire est la photo d'un ciel orange, alors que la plus fiable vient d'un réseau de stations de mesure que cet article n'utilise pas. Nous avons un modèle : le système CAMS de composition atmosphérique, servi par Open-Meteo, qui estime les particules fines (PM2,5) heure par heure. Il couvre août 2022 à décembre 2025. Cet article le lit avec le plus de soin possible et dit ce qu'il ne peut pas faire.

Les règles de lecture sont courtes. Les valeurs sont modélisées, pas mesurées; la maille est grossière, de l'ordre de dizaines de kilomètres; et un modèle ne sait pas pourquoi les particules sont là. Quand nous comptons un jour à 25 microgrammes par mètre cube ou plus, moyenne journalière des valeurs horaires, ce seuil est un chiffre rond de notre choix, pas une limite réglementaire. C'est une façon de compter les jours inhabituels, rien de plus.

Une année se détache : 2023

Pour 2023, 2024 et 2025, les années complètes des données, voici les jours à ce seuil ou au-dessus dans chacune des neuf villes.

PM2,5 modélisées : jours avec une moyenne journalière de 25 µg/m³ ou plus, 2023–2025
Ville202320242025Moyenne journalière la plus haute (µg/m³) et date
Yellowknife591712266 · 9 août 2023
Edmonton511815169 · 4 janv. 2023
Calgary249766 · 15 juil. 2023
Winnipeg1262157 · 1 juin 2025
Toronto54162187 · 8 juin 2023
Montréal17101495 · 6 juin 2023
Ottawa1101071 · 29 juin 2023
Vancouver1921849 · 5 sept. 2025
Halifax70358 · 30 sept. 2023

API qualité de l'air d'Open-Meteo (modèle CAMS global), août 2022 – décembre 2025 ; PM2,5 modélisées, pas une station de mesure.

Dans huit villes sur neuf, 2023 compte le plus de ces jours. Additionnées, les neuf villes en totalisent 254 en 2023, 78 en 2024 et 121 en 2025. Toronto passe de 54 en 2023 à 16 en 2024; Yellowknife de 59 à 17; Ottawa de 11 à zéro. La seule ville où 2023 n'est pas la pire est Winnipeg, avec 12 jours en 2023 et 21 en 2025.

Ressources naturelles Canada, dans son bilan de la saison 2023, parle de plus de 6 000 feux et d'environ 15 millions d'hectares brûlés, pour une moyenne normale d'environ 2,5 millions d'hectares par an. Notre modèle ne mesure pas les feux; il mesure des particules. Mais les deux tableaux s'accordent dans leur forme : une année bien au-dessus de ses voisines, et c'est celle que les statistiques de feux désignent.

Le Nord a les pires jours et la médiane la plus propre

Yellowknife affiche les valeurs les plus hautes du jeu de données : 266 µg/m³ le 9 août 2023, puis 218 le 31 août et 207 le 13 septembre. Elle compte 39 jours à 50 µg/m³ ou plus depuis août 2022. Pourtant, sa journée médiane, sur la même période, est la plus propre des neuf villes, à 3,3 µg/m³. Celle de Vancouver est la plus élevée, à 10,8, le bruit de fond d'une grande agglomération. Ce contraste est la vraie forme de l'exposition à la fumée : pas un voile constant, mais de courts épisodes posés sur un air propre.

Le Sud raconte la même histoire avec des pointes plus basses. La journée la plus haute de Montréal est le 6 juin 2023, à 95 µg/m³; celle de Toronto le 8 juin 2023, à 87; celle d'Ottawa le 29 juin 2023, à 71. Celle de Calgary est le 15 juillet 2023, à 66,5 µg/m³. Halifax culmine à 58 le 30 septembre 2023. À Winnipeg, les valeurs les plus hautes sont de 2025 : 57 le 1er juin, puis 53 le 11 juin et 52 le 29 juillet.

Le calendrier des mauvais jours

Jours à 25 µg/m³ ou plus par mois, 2023–2025 cumulés
Barres du nombre de jours par mois civil, cumulés sur 2023, 2024 et 2025, où les PM2,5 modélisées ont atteint 25 microgrammes par mètre cube à Yellowknife, Edmonton, Toronto et Vancouver.0102030joursjanv.févr.marsavr.maijuinjuil.aoûtsept.oct.nov.déc.

YellowknifeEdmontonTorontoVancouver

API qualité de l'air d'Open-Meteo (modèle CAMS global), août 2022 – décembre 2025 ; PM2,5 modélisées, pas une station de mesure.

Le graphique additionne les trois années civiles par mois. À Yellowknife, chacun des 88 jours à 25 ou plus tombe entre mai et septembre, avec le gros du poids en juillet (27 jours), août (29) et septembre (21). La saison de Toronto est plus hâtive : 20 jours en mai, 29 en juin, 18 en juillet. Celle de Vancouver est de fin d'été : 14 jours en août et 6 en septembre, soit environ deux mois après le sommet de Toronto. Sa journée la plus haute de toute la série, le 5 septembre 2025 à 48,6 µg/m³, cadre avec ce calendrier.

L'avertissement des données

Depuis août 2022, Edmonton montre 36 jours à 25 µg/m³ ou plus en dehors de mai à septembre, et sa valeur journalière la plus haute, 169 µg/m³ le 4 janvier 2023, tombe en plein hiver. Vancouver compte 26 jours de ce genre hors de la saison chaude, et ses deuxième et troisième valeurs les plus hautes de la série, 44 µg/m³ le 18 octobre 2022 et 43 le 16 novembre 2022, sont en automne. Ce ne sont pas des dates de saison des feux. Le modèle ne peut pas nous dire ce qui a mis ces particules dans l'air, et nous non plus. La leçon est pratique : une valeur élevée sur une carte n'est pas forcément de la fumée, et un décompte comme celui ci-dessus surestime le total de fumée dans les villes qui ont aussi des épisodes hivernaux.

Quoi en faire

Servez-vous du modèle pour ce qu'il fait bien, c'est-à-dire la saisonnalité : pour un voyage dans le Nord de juillet à septembre, ou en Ontario à la fin du printemps, prévoyez de la souplesse, et consultez le jour même la Cote air santé d'Environnement et Changement climatique Canada, qui repose sur des mesures. Un jour de fumée est un bon jour pour faire son exercice à l'intérieur et un mauvais jour pour planifier une course à pied. Pour l'autre moitié de l'été canadien, la chaleur elle-même, lisez chaleur et humidex. Pour la décennie de températures qui encadre celle-ci, dix ans de météo canadienne.

Période des données citées : 2023–2025 (modèle CAMS, données depuis août 2022).

Sources

Cartes et prévisions locales

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