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Chaleur et humidex : chaleur sèche, chaleur humide

Par · rédaction de weather-canada.com · Publié le · 5 min de lecture

Un après-midi à 33 °C à Winnipeg et un après-midi à 33 °C à Toronto ne sont pas le même après-midi. La différence tient à la vapeur d'eau, et le Canada a un chiffre pour la mesurer : l'humidex, qui combine la température et le point de rosée pour donner la température ressentie. Selon le Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail, de 30 à 39 signifie un certain inconfort, de 40 à 45 un grand inconfort où il faut éviter les efforts, et à 46 et plus c'est dangereux, un coup de chaleur étant possible.

Cet article s'appuie sur deux types de données. Les valeurs d'humidex sont celles que publie Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) pour la station d'aéroport de chaque ville, heure par heure, de 2016 à 2025. Les décomptes de jours à 30 °C et de nuits chaudes viennent de la réanalyse ERA5 au centre de la ville. Les deux sources ne sont jamais mélangées dans une même figure, et la réanalyse n'est pas une station.

Deux thermomètres, deux étés

Commençons par un écart. De mai à septembre, ERA5 donne à Ottawa 12,3 jours par an à 30 °C ou plus, à Winnipeg 11,3, à Toronto 7,5, à Montréal 5,3, à Calgary 5,1 et à Vancouver 1,1. Mais à l'humidex, Toronto atteint 30 pendant 66,7 jours par été, Montréal 62,2, Ottawa 60,8 et Winnipeg 45,6. Un humidex de 30 est atteint de quatre à douze fois plus souvent qu'une température de 30 °C.

Jours d'humidex par été, mai à septembre, moyenne 2016–2025
VilleHumidex 30 et plus (jours)40 et plus (jours)46 et plus (jours)Humidex horaire le plus haut et date
Toronto66,76,20,246 · 30 juin 2018
Montréal62,25,00,045 · 1 juil. 2018
Ottawa60,85,90,347 · 1 juil. 2018
Winnipeg45,62,30,146 · 17 juil. 2022
Halifax40,51,00,042 · 21 juil. 2019
Vancouver12,40,10,040 · 28 juin 2021
Calgary11,80,00,037 · 28 juin 2021
Edmonton18,00,30,044 · 10 juil. 2024

Environnement et Changement climatique Canada, observations horaires de la station de l'aéroport de chaque ville (MSC GeoMet, climate-hourly), 2016–2025 ; refroidissement éolien et humidex tels que publiés par ECCC ; décomptes de la rédaction.

Le tableau montre l'alignement des villes. Au niveau du grand inconfort, 40 ou plus, Toronto compte 6,2 jours par été, Ottawa 5,9, Montréal 5,0 et Winnipeg 2,3. Halifax en a 1,0, Edmonton 0,3, Vancouver 0,1 et Calgary aucun en dix ans. L'échelon de 46 et plus n'apparaît qu'à Toronto, Ottawa et Winnipeg, à raison de 0,2, 0,3 et 0,1 jour par an, soit un à trois jours en une décennie.

L'Est humide, le centre sec

Ottawa a plus de jours au-dessus de 30 °C que Toronto, mais Toronto a plus de jours humides : son humidex de 30 ou plus est plus fréquent, et ses nuits sont plus chaudes. Dans la réanalyse, Toronto compte 14,5 nuits par été avec un minimum de 20 °C ou plus de juin à août, contre 7,9 à Ottawa, 6,8 à Montréal et 4,5 à Winnipeg. C'est ce chiffre qui décide du sommeil.

Winnipeg est le cas le plus net du côté de la chaleur sèche. Ses jours à 30 °C sont presque aussi nombreux que ceux d'Ottawa, et en 2021 la réanalyse en compte 27 de mai à septembre, le maximum de toutes les années des quatre villes du graphique ci-dessous. Pourtant, son humidex de 40 ou plus ne survient que 2,3 jours par été, parce que l'air des Prairies est plus sec. Quand Winnipeg réunit les deux, c'est sérieux : son humidex le plus haut en dix ans est de 46, le 17 juillet 2022.

Jours à 30 °C ou plus, mai à septembre
Barres des jours par été à 30 degrés ou plus de 2016 à 2025 à Toronto, Ottawa, Winnipeg et Vancouver.0102030jours2016201720182019202020212022202320242025

TorontoOttawaWinnipegVancouver

Open-Meteo, archive ERA5, 2016–2025 (réanalyse, pas une station) ; calcul de la rédaction.

Les pointes : l'humidex horaire le plus haut par station

  • Ottawa, 47, le 1er juillet 2018.
  • Toronto, 46, le 30 juin 2018.
  • Winnipeg, 46, le 17 juillet 2022.
  • Montréal, 45, le 1er juillet 2018.
  • Edmonton, 44, le 10 juillet 2024.
  • Halifax, 42, le 21 juillet 2019.
  • Vancouver, 40, le 28 juin 2021, et Calgary, 37, le même jour.

Le calendrier est parlant. Trois des plus hautes pointes tombent les 30 juin et 1er juillet 2018, à Toronto, Ottawa et Montréal. Vancouver et Calgary partagent une pointe du 28 juin 2021, et la réanalyse confirme : le 28 juin 2021 est aussi la journée la plus chaude de Vancouver dans la série quotidienne, à 36,4 °C. Le 44 d'Edmonton en juillet 2024 rappelle que les villes des Prairies peuvent connaître une chaleur humide quand le point de rosée monte.

Des épisodes, pas des jours

Un humidex de 40 ou plus arrive rarement seul. En regroupant les jours espacés de deux jours au plus à Toronto, Montréal, Ottawa et Winnipeg, on obtient des épisodes bien distincts.

Les huit plus grands épisodes d'humidex, 2016–2025
PériodeVilles à un humidex de 40 ou plusJours-villes à 40 ou plusHumidex horaire le plus haut et ville
30 juin – 2 juil. 2018Toronto, Montréal, Ottawa947 · Ottawa
7 juil. – 10 juil. 2020Toronto, Montréal, Ottawa1043 · Ottawa
24 juil. – 27 juil. 2020Toronto, Montréal, Ottawa, Winnipeg843 · Winnipeg
9 août – 16 août 2021Toronto, Montréal, Ottawa, Winnipeg941 · Toronto
6 août – 8 août 2022Toronto, Montréal, Ottawa743 · Toronto
4 sept. – 6 sept. 2023Toronto, Montréal, Ottawa742 · Toronto
18 juin – 20 juin 2024Toronto, Montréal, Ottawa844 · Toronto
1 août – 3 août 2024Montréal, Ottawa, Winnipeg741 · Ottawa

Environnement et Changement climatique Canada, observations horaires de la station de l'aéroport de chaque ville (MSC GeoMet, climate-hourly), 2016–2025 ; refroidissement éolien et humidex tels que publiés par ECCC ; décomptes de la rédaction.

La plus longue série des données va du 9 au 16 août 2021, avec un humidex de 40 ou plus dans au moins une ville six jours sur huit. La pointe la plus haute se trouve dans l'épisode du 30 juin au 2 juillet 2018, quand trois villes étaient à 40 ou plus et qu'Ottawa a touché 47. Le tableau ne liste que les huit épisodes comptant le plus de jours-villes. Plusieurs autres, comme celui du 22 au 24 juin 2025, avec Toronto à 46, s'en sont approchés.

Jours d'humidex de 40 ou plus, mai à septembre
Barres du nombre de jours par été, de 2016 à 2025, où l'humidex horaire a atteint 40 ou plus à Toronto, Montréal, Ottawa et Winnipeg.02581012jours2016201720182019202020212022202320242025

TorontoMontréalOttawaWinnipeg

Environnement et Changement climatique Canada, observations horaires de la station de l'aéroport de chaque ville (MSC GeoMet, climate-hourly), 2016–2025 ; refroidissement éolien et humidex tels que publiés par ECCC ; décomptes de la rédaction.

D'une année à l'autre, le décompte bouge beaucoup. Toronto a eu 11 jours à 40 ou plus en 2018 et 10 en 2025, mais seulement 1 en 2017 et 3 en 2019 comme en 2023. Ottawa en a eu 11 en 2025 et 10 en 2018. Winnipeg n'a jamais dépassé 4 dans un été. Ne planifiez pas un été d'après la moyenne : planifiez d'après l'amplitude.

Quoi faire de ces chiffres

À un humidex de 30 à 39, que Toronto connaît environ deux mois par an, il faut de l'eau et de l'ombre, pas un plan. À 40 ou plus, déplacez les travaux pénibles et l'exercice au matin ou au soir, et surveillez la personne qui n'a pas l'air d'avoir chaud : les aînés, les enfants et ceux qui travaillent dehors. À 46 et plus, le mot du CCHST est « dangereux ». Pour l'autre risque de l'été, qui se présente très différemment dans les données, voyez la fumée des feux de forêt. Pour le bilan de température de la décennie, dix ans de météo canadienne.

Période des données citées : 2016–2025.

Sources

Cartes et prévisions locales

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