Par Julia · rédaction de weather-canada.com · Publié le
Le refroidissement éolien est un indice, pas une température
Le Canada publie le refroidissement éolien sous forme d’un nombre qui ressemble à une température sans en être une. Il exprime la vitesse à laquelle la peau exposée perd sa chaleur lorsque le vent emporte la mince couche d’air tiède qui l’entoure. Le thermomètre indique moins 20 ; avec un vent de 30 km/h, la peau se comporte comme s’il faisait moins 33.
D’où les deux chiffres dans les prévisions. La température de l’air détermine si l’eau gèle et si la voiture démarre ; le refroidissement éolien détermine combien de temps un visage peut rester découvert. Le premier se mesure avec un instrument, le second est un calcul sur la peau humaine.
L’indice a été refait en 2001 par Environnement Canada avec des chercheurs en médecine, l’ancienne formule fondée sur le gel de l’eau exagérant l’effet. L’échelle actuelle est prudente et vaut partout au pays.
Quand les minutes comptent
Sous un refroidissement éolien d’environ moins 28, la peau exposée peut geler en dix à trente minutes. Sous moins 40, la marge tombe à moins de dix minutes ; sous moins 48, les engelures apparaissent en deux à cinq minutes. Ce sont les seuils sur lesquels reposent les avertissements canadiens.
La conséquence est simple : à ces valeurs, c’est la surface exposée qui compte, pas la durée de la sortie. Joues, nez, oreilles et bouts des doigts gèlent en premier, et le premier signe n’est pas la douleur mais l’engourdissement et une plaque blanche cireuse.
Les avertissements de froid sont régionaux, car le même chiffre n’a pas le même sens partout. Environnement Canada les émet vers moins 35 de refroidissement éolien à Winnipeg, et à des valeurs plus douces sur les côtes, où la population est moins équipée.
Pourquoi les Prairies et le Nord sont à part
Le Canada n’a pas un seul hiver. Les Prairies et les territoires sont loin de tout océan : l’air arctique y arrive sans être adouci et stagne sous un ciel clair. Winnipeg, Saskatoon, Yellowknife et Whitehorse connaissent régulièrement des séries sous moins 30. L’air y est aussi très sec, ce qui rend le froid plus net mais pas moins dangereux.
Les côtes sont tempérées par l’eau. Vancouver et Victoria gèlent rarement fort, et les provinces atlantiques alternent gel et dégel plusieurs fois par mois — plus éprouvant pour les routes qu’un froid stable.
Entre les deux, l’Ontario et le Québec cumulent : assez froids pour un long hiver, assez humides pour de fortes neiges, et assez proches de la trajectoire des dépressions pour qu’un redoux de janvier efface un mois d’accumulation.
L’été a son indice : l’humidex
Le pays qui publie le refroidissement éolien en janvier publie l’humidex en juillet. L’humidex combine température et humidité en un seul chiffre décrivant la sensation : 30 degrés avec un point de rosée de 24 donne une sensation de 40.
Au-delà d’un humidex de 40, l’inconfort est général et l’effort physique doit être réduit ; au-delà de 45, il devient dangereux. Le sud de l’Ontario et la région de Montréal atteignent ces valeurs plusieurs fois par été, souvent avec des nuits chaudes qui n’offrent aucune récupération.
Les deux indices existent pour la même raison : dans un pays de cette taille, la température brute renseigne mal sur ce que la journée fera subir. Nos pages de villes donnent température, humidité et vent côte à côte pour lire directement les deux effets.
Les hivers les plus froids et les plus doux, d'après les normales
1021 des 1098 communes suivies dotées de normales 1991–2020 ont au moins un mois dont la minimale moyenne passe sous 0 °C. La minimale moyenne de l'hiver va de -32,1 °C à Baker Lake à 4,1 °C à Victoria.
Minimales d'hiver les plus basses
- Baker Lake (Nunavut) : -32,1 °C
- Igloolik (Nunavut) : -32,0 °C
- Rankin Inlet (Nunavut) : -30,9 °C
- Arviat (Nunavut) : -28,7 °C
- Inuvik (Territoires du Nord-Ouest) : -27,8 °C
Minimales d'hiver les plus douces
- Victoria (Colombie-Britannique) : 4,1 °C (mêmes normales qu'une autre commune)
- Oak Bay (Colombie-Britannique) : 3,9 °C
- Ucluelet (Colombie-Britannique) : 3,5 °C
- Parksville (Colombie-Britannique) : 3,3 °C
- Tofino (Colombie-Britannique) : 3,3 °C
| Région | Communes | Minimale moyenne de l'hiver (°C) |
|---|---|---|
| Colombie-Britannique | 147 | -1,7 |
| Nouvelle-Écosse | 70 | -6,4 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 39 | -6,7 |
| Île-du-Prince-Édouard | 6 | -7,5 |
| Ontario | 265 | -9,1 |
| Nouveau-Brunswick | 107 | -10,3 |
| Québec | 301 | -12,6 |
| Alberta | 93 | -13,1 |
| Saskatchewan | 32 | -16,3 |
| Yukon | 1 | -17,7 |
| Manitoba | 28 | -17,7 |
| Territoires du Nord-Ouest | 4 | -24,4 |
| Nunavut | 5 | -30,0 |
Calculé à partir des normales 1991–2020 publiées sur chaque page commune (station météo la plus proche corrigée de l'altitude, ou réanalyse ERA5) : voir la page méthodologie.